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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 19:17

 

 

POUR L'ARRET IMMEDIAT DE LA CENTRALE NUCLEAIRE DU BUGEY

 

 

Comme toutes les centrales nucléaires, celle du Bugey rejette quotidiennement des produits radioactifs dont du carbone 14 et du tritium, des gaz rares comme le krypton 85, des halogènes comme l'iode 131, des aérosols qui portent atteinte à la santé des travailleurs du nucléaire et des populations.

Ce qui la distingue c'est son ancienneté: objet d'une des premières manifestations nucléaires en France, elle pollue depuis 1972, date de la mise en service de Bugey 1, le dernier réacteur UNGG (uranium naturel graphite gaz) construit par EDF, aujourd'hui en démantèlement. Ses quatre autres réacteurs, toujours en service, ont dépassé 30 ans.

 

Déjà 40 ans d'exploitation, et un danger permanent qui s'aggrave

 

Les risques techniques internes abondent, comme le montrent les multiples incidents déclarés à l'ASN et les avis de suite d'inspection que celle-ci réalise. Bien sûr, les incidents non déclarés ou non découverts seraient à rajouter.

Ainsi, depuis le début de l'année 2011 : vanne de confinement ouverte par deux fois, dépassement de la limite de puissance, déchargement de gravats radioactifs dans la carrière de la commune de Pérouges (en cause, la panne, depuis trois ans, du portique de détection !), indisponibilité d'un système de protection du réacteur (ce dernier défaut, particulièrement grave pour la sûreté, a perduré 16 jours sans que personne s'en aperçoive).

Huit incidents déclarés en 2010, six en 2009, trois en 2008, deux en 2007... On voit bien que cela s'aggrave avec l'ancienneté.

 

 

 

Une situation à haut risque pour près de trois millions d'habitants

 

8 centrale du Bugey se 1'0\;\e à environ 20 km à vol : J.seau de l'agglomération

}c:naise:

- 10 km de Meximieux

- 20 km de Vaulx-en-Velin, de Meyzieu, de Montluel, de l'Ile d'Abeau, d'Ambérieu

- 25 km de Bron, de Villeurbanne, de Bourgoin Jallieu, de La Tour du Pin

- 54 km de Chambéry

Quelque 1,88 millions d'habitants se trouvent à moins de 40 km de la centrale, 2,28 millions à moins de 50 km...

 

Eau potable

 

La centrale est construite sur les alluvions du Rhône, aquifère en échange direct avec le fleuve. Toute pollution sur le site se retrouve donc en quelques heures dans le Rhône. Or à 20 km en aval se trouve le plus grand champ captant d'eau potable d'Europe, lui aussi sur la nappe alluvialedu Rhone.

 

Ce champ captant, de Crepieux Charmy, alimente en eau potable la communauté urbaine de Lyon. 266861 m3 y sont pompés chaque jour dans 114 puits. Quatre autres puits sont situés dans la même zone, dont celui de Balan (débit:plus de 2 000 m3/jour), encore plus en amont et plus près de la centrale. Que se passerait-il en cas de pollution radioactive de toute la nappe alluviale du Rhône?

 

Séismes

. On est en zone sismique modérée revue à la hausse confirmée par L'IRSN (accélération au sol 0,145 g), zone sujette à des tremblements de terre fréquents. Le plus important connu fut celui de Chautagne en 1822 (intensité 8 MSK), dont l'épicentre était à 30 km environ du site de la centrale nucléaire. Lors de la construction, ce risque sismique a été minimisé dans les calculs, nécessitant des renforcements après coup comme à Fessenheim.

 

Inondations

 

La centrale du Bugey se trouve à quelques kilomètres à peine du confluent de l'Ain et du Rhône, un fleuve et son affluent particulièrement impétueux de par leurs fortes charges alluviales et leurs fortes pentes. L'Ain, le Rhône et leur affluents ont été aménagés au cours du XXe siècle pour limiter les risques d'inondation. Ainsi, il y a en amont des réacteurs :

8 barrages sur le Rhône n aval du lac Léman

5 sur le Fier, affluent du Rhône

5 sur l'Ain

d'autres sur les affluents de l'Ain

 

La plupart de ces barrages ont plus de 50 ans. Cinq d'entre eux sont particulièrement importants:

- Génissiat sur le Rhône, dont la construction a commencé en 1937, 104 m de haut et une retenue de 58 Mm3 (millions de m3)

-Vouglans sur l'Ain, 3ème retenue en France métropolitaine, 110 m de haut,

605 Mm3, construit de 1963 à 1968

- Coiselet sur l'Ain, 4 Mm3, construit en 1970

- Cize-Bolonzon, 5 Mm3, construit en 1931

- L'Allement sur l'Ain, 3 Mm3, construit en 1960 En cas de rupture d'un de ces barrages, la centrale du Bugey serait inondée.

 

S'il s'agit de Vouglans, les études ont évalué que la vague pourrait atteindre 14 mètres de haut sur la site de la centrale, plus que le tsunami à Fukushima. Or, selon une étude de l'école des Mines de Nancy, le lac de barrage de Vouglans est soumis à plusieurs risques: glissement de terrain, rupture du massif rocheux sur lequel s'appuie le barrage... La digue construite entre la centrale et le Rhône ne serait d'aucune utilité, car en plus d'être d'une hauteur insuffisante, elle n'est pas placée du bon côté. La vague arriverait de l'Ain et non du Rhône, c'est-à-dire du Nord et non du Sud-Est, position de la digue.

Le risque de rupture de barrage pourrait également venir de Génissiat, situé dans

l'axe de la faille active de la Vuache qui a provoqué le tremblement de terre d'Annecy en 1996. Heureusement le barrage a tenu, mais qu'en sera-t-il la prochaine fois?

 

Risques technologiques majeurs

 

Sur la même commune que la centrale nucléaire, le Parc Industriel de la Plaine de l'Ain accueille déjà trois entreprises classées Seveso 2.

Deux autres entreprises Seveso 2 doivent s'y implanterprochainement, regroupant

ainsi trois entreprises de chimie, un stockage de gaz de deux réservoirs de 1000 m3 de propane et trois réservoirs de 150 m3 de butane,une centrale électrique à gaz. Aucun plan de prévention des risques naturels ou technologiques n'est établi dans la commune. En cas de rupture du barrage de Vouglans, seule l'évacuation de la population est envisagée. Rien n'est prévu vis-à-vis des entreprises dangereuses. Quoiqu'il en soit, le personnel devrait être évacué. Quels seraient alors les risques de dégagement de produits toxiques et explosifs?

L'effet domino, c'est-à-dire les conséquences en chaîne, n'est pas pris en compte. Que deviendrait la centrale nucléaire du Bugey, submergée par plusieurs mètres d'eau et de boue, coupée d'alimentation électrique et/ou dont tout le personnel aurait été évacué en urgence, à moins qu'il ne soit décédé ?

 

Malgré le désastre de Fukushima, le lobby nucléaire s'entête

 

Alors que les Japonais ne veulent plus d'énergie nucléaire, les nucléocrates en France prétendent « bunkeriser le cœur des réacteurs pour les rendre invulnérables ». Ainsi, selon le rapport de l' Autorité de Sûreté Nucléaire de décembre 2011 :

- « La catastrophe survenue à [...] Fukushima Daiichi confirme que, malgré les

précautions prises pour la conception, la construction et le fonctionnement des installations nucléaires, un accident ne peut jamais être exclu ».

- « A J'issue des évaluations complémentaires de sûreté des installations nucléaires prioritaires, J'ASN considère que les installations examinées présentent un niveau de sûreté suffisant pour qu'elle ne demande l'arrêt immédiat d'aucune d'entre elles. Dans le même temps, l'ASN considère que la poursuite de leur exploitation nécessite d'augmenter dans les meilleurs délais, au-delà des marges de sûreté dont elles disposent déjà, leur robustesse face à des situations extrêmes ».

 

- « L'ASN imposera donc aux exploitants un ensemble de dispositions présentées dans l'annexe II au présent avis. Elle souligne particulièrementl'importance des mesures suivantes: Mise en place d'un "noyau dur" et de dispositions matérielles et organisationnelles permettant de maÎtriser les fonctions fondamentales de sûreté dans des situations extrêmes ».

 

La centrale du Bugey est donc concernée, mais on n'a ni la méthode, ni la « Force d'action rapide nucléaire» (FARN) ni les moyens qui demanderont au moins 10 ans et des dizaines de milliards. Cependant, sans attendre, l'ASN qui n'est plus à une contradiction près a autorisé EDF, en juillet dernier, à poursuivre l'exploitation du réacteur de Bugey 2 pour 10 ans jusqu'à ses 40 ans. Comment, dans ces conditions, peut-on autoriser EDF, à poursuivre l'exploitation des réacteurs sans faire courir le risque d'une catastrophe?

 

 

 

 

Arrêt immédiat des installations nucléaires!

 

Pour le collectif Stop Bugey, la catastrophe de Fukushima a rappelé, une fois de plus, l'insécurité de la filière nucléaire, et donc l'urgence à l'abandonner. En octobre 2011, à l'appel du collectif Stop Bugey, c'est ce que plusieurs milliers de manifestants sont venus dire devant les portes de la centrale. Depuis, en France, malgré les chaînes humaines du printemps et le changement politique, force est de constater que le débat sur l'arrêt du nucléaire est toujours occulté par le pouvoir et les nucléocrates, et que la catastrophe est oubliée.

 

Mais les antinucléaires à nouveau dans la rue le 13 octobre 2012 ont rappelé les dangers inouïs de cette filière et les conséquences catastrophiques d'un accident majeur, dont la probabilité qu'il s'en produise un en France dans les quelques années à venir se rapproche de la certitude. .

 

LES ALTERNATIFS DE SAVOIE EXIGENT :.

 

-l'arrêt immédiat des réacteurs nucléaires de Bugey et le renoncement au stockage des déchets nucléaires (ICEDA) au bord du Rhône;

 

- l'arrêt immédiat du nucléaire civil et militaire

 

 

 

Régis MOULARD

 

Pour s'associer à la lutte:

Coordination STOP BUGEY, www.stop-bugey. org / contact@stop-bugey.org

 

Les Alternatifs de Savoie : 73@alternatifs.org

http://alternatifsavoie.over-blog.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://ddata.over-blog.com/5/86/44/62/pourquoi-faut-fermer-Gravelines.PDF

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